lundi 10 septembre 2018

Note philosophie Foucault


Note philosophie Foucault


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Pour la Renaissance,...

Pour la Renaissance, la folie n’est pas chose qu’on cache : elle est ce qui circule. Grand



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Foucault mesure les ...

Foucault mesure les pouvoirs d’inquiétude de la folie à sa présence insistante dans les tableaux de Bosch ou de Brueghel.



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la folie, ou dans la...

la folie, ou dans la pensée sceptique de Montaigne, la folie n’est plus donnée dans un rapport au monde dont on rêve les métamorphoses fabuleuses, mais depuis un rapport à la raison.



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La leçon de sagesse ...

La leçon de sagesse se situe là : il n’y a pas de raison raisonnable sans un grain de folie.



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Foucault veut voir d...

Foucault veut voir dans le décret de fondation de l’Hôpital général de 1656 « la structure la plus visible dans l’expérience classique de la folie » (p. 59)



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XVIIe siècle, pour F...

XVIIe siècle, pour Foucault, invente l’espace d’internement : bientôt tous les vagabonds, chômeurs, oisifs, mendiants, pauvres et fous errants se retrouvent enfermés (1 % de la population parisienne).



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Par ailleurs, l’enfe...

Par ailleurs, l’enfermement des populations marginales recouvre une volonté de résorption artificielle du chômage, et des dangers sociaux qu’il pouvait représenter.



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Toute cette populati...

Toute cette population enfermée (dont les figures sont pour nous tellement diverses : quoi de commun pour notre sensibilité moderne entre un chômeur et un libertin, un mendiant et un sorcier, un sodomite et un pauvre ?) a pour Foucault la cohérence unitaire d’un monde : monde de la Déraison5,



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On admet alors que, ...

On admet alors que, pour sombrer dans la folie, il faut l’avoir, obscurément sans doute, voulu. Cette perception d’un fou responsable de sa folie communique secrètement à l’âge classique avec celle, inverse, d’une bestialité du fou (



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Mais cette perceptio...

Mais cette perception médicale ne doit pas apparaître comme l’indice de la prise de conscience progressive de la folie dans sa vérité de maladie mentale. Elle relève (en plus de l’influence de la culture arabe) d’une vieille tradition inscrite dans le droit canon (et déjà dans le droit romain) pour lequel seul un médecin a autorité pour juger de l’état de folie d’un individu. Cette vieille conscience juridico-médicale de la folie (qui détermine si tel ou tel est un sujet de droit) se juxtapose pour l’âge classique, à cette conscience sociale nouvelle qui identifie l’individu comme conforme ou non à des normes morales



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Ce qui fixe la foli...

Ce qui fixe la folie, c’est donc une structure de langage. Car le fou raisonne, mais en prenant appui sur des chimères.



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toute la Renaissance...

toute la Renaissance avait fait l’expérience d’une folie qui parlait d’autres mondes (expérience cosmique), pour l’âge classique ce que délivre la folie, c’est le néant de l’Être (expérience ontologique), une pure absence manifestée (c’est l’aveuglement : voir qu’on ne voit rien).



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Foucault constate po...

Foucault constate pourtant le surgissement au milieu du XVIIIe siècle du médecin dans les forteresses de l’internement. Mais ce n’est pas pour enfin soigner le fou brusquement identifié comme malade : c’est la peur d’une épidémie (le fantasme de miasmes putrides qui envahiraient bientôt la ville) qui exige sa présence (



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Parallèlement à cett...

Parallèlement à cette grande hantise imaginaire, se développe la crainte obsessionnelle d’une folie perçue comme l’envers d’une civilisation qui a perdu, à force de raffinements, la vraie nature



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Alors que le XVIIe s...

Alors que le XVIIe siècle était prêt à voir dans le fou la marque d’une animalité coupable, le XVIIIe siècle pressent dans la folie la conséquence d’une histoire qui exile l’homme de sa vérité immédiate



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. La Révolution fran...

. La Révolution française supprime bientôt toutes les mesures d’enfermement arbitraire, comme symboles d’un despotisme dépassé. Ces mesures ne concerneront pas les fous, pour lesquels on tente d’aménager un espace spécifique.



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la Révolution n’a pa...

la Révolution n’a pas libéré la folie. Elle l’a médicalisée plutôt, ce qui signifie qu’elle l’a enfermée dans une définition médicale, univoque, où la folie ne trouve plus de vérité que depuis le regard objectivant de l’Autre (le médecin). Il n’y a pas eu, pour Foucault, découverte soudaine et illuminante par des psychiatres philanthropes que la folie avait pour vérité d’être une maladie.



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Pour Foucault, toute...

Pour Foucault, toute l’histoire de la folie depuis le XIXe siècle doit être comprise comme l’aménagement autour de la folie d’un dispositif de capture : la folie est d’emblée fixée dans une identité médicale qu’on lui impose, elle reste toujours internée, et seul le sens de cet internement a changé (on n’enferme plus pour corriger mais pour soigner).



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consiste pour Foucau...

consiste pour Foucault en une culpabilisation. C’est cet objectif que visent les techniques de la Menace, de l’Humiliation, du Jugement, de la Surveillance : afin que le fou cesse de manifester des comportements délirants, on tente de susciter en lui un état de souffrance (au moment de leur apparition), qui le conduise à les abandonner.



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Foucault constate av...

Foucault constate avoir en fin de compte écrit « l’histoire de ce qui a rendu possible l’apparition même d’une psychologie » (p. 548).



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en ce sens que la fo...

en ce sens que la folie n’est plus prise dans une dimension cosmique (Renaissance), elle n’est plus non plus la trace en creux d’une Raison disparue (Âge classique), mais elle devient un révélateur de vérités humaines



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Les sciences de l’ho...

Les sciences de l’homme s’appuient toujours, pour se constituer, sur des expériences négatives : une science du langage se construit à partir de l’analyse de l’aphasie, une psychologie de la mémoire s’écrit à partir de l’étude des amnésies, une sociologie s’édifie à partir de l’examen du suicide, etc. C’est comme si toutes les sciences humaines ne pouvaient énoncer des vérités positives que sur le fond d’expériences où précisément s’exprime la perte des vérités humaines. Étrange leçon, et difficile encore que celle qui clôt l’Histoire de la folie. Il s’agit de montrer la dépendance historique des sciences psychologiques relativement à une expérience de folie.



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dépendance vaut immé...

dépendance vaut immédiatement comme critique : car comment une science pourrait prétendre énoncer des vérités positives sur l’homme, quand elle ne tire sa relative clarté que de la nuit de la folie où toute vérité se perd ?



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Pour comprendre, dan...

Pour comprendre, dans sa dimension de rupture, l’émergence du regard clinique (chap. « Espaces et classes »), Foucault commence par repérer la structure de l’examen médical tel qu’il avait cours encore au XVIIIe siècle.



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Régnait alors la « m...

Régnait alors la « médecine des espèces » pour laquelle chaque maladie consistait en une entité idéale dont la place se trouvait soigneusement ménagée dans un grand tableau ordonné. L



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s’appuie plus, comme...

s’appuie plus, comme la vieille médecine, sur des classifications ésotériques, mais qui puisse s’articuler directement sur le spectacle visible du mal : la grammaire de Condillac a pu fournir le modèle rêvé d’une syntaxe dont les formes s’ajustent parfaitement à celles du visible.



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Par ailleurs, le cal...

Par ailleurs, le calcul de Laplace permet de comprendre le malade comme cas analysable d’une série. Tout



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que développe la nou...

que développe la nouvelle clinique du XIXe siècle, c’est une pensée du tissu : le mal dès lors ne se laisse plus saisir par un regard de surface (toujours soutenu par des formes verbales). Il se noue dans des altérations tissulaires internes, et comme telles invisibles (d’où la nouvelle importance du toucher – palpations –, et de l’ouïe – stéthoscope). Mais seule l’ouverture du cadavre et l’examen direct des tissus ainsi mis à jour permettront de rendre visible la vérité du mal



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Car la décomposition...

Car la décomposition du cadavre, pour Bichat, joue comme analytique spontanée de la maladie : le cheminement du



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pourrissement du cor...

pourrissement du corps mort trace, pour l’œil attentif de l’anatomiste, la voie de la vérité médicale.



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On comprend dès lors...

On comprend dès lors comment le regard clinique se laisse cette fois informer par l’expérience de la mort, comme les psychologies trouvent au même moment leurs conditions de naissance dans l’expérience de la folie. La médecine clinique se donne à penser comme science de l’individu, mais Foucault nous fait comprendre comment, avec l’injonction de Bichat ( « Ouvrez quelques cadavres ! »), l’énonciation d’une vérité sur l’homme ne put s’établir que depuis la lumière froide de la mort :



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Historiquement, les ...

Historiquement, les sciences humaines ont trouvé leurs conditions d’émergence dans des expériences où l’homme faisait l’épreuve de sa disparition. Les vérités positives des sciences de l’homme reposent su



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La littérature n’a p...

La littérature n’a pas (c’est ce qui la distingue sans doute pour Foucault du simple récit) partie liée avec le temps mais avec l’espace (p. 407), ce qu’indiquait déjà la métaphore du miroir. Écrire (au moins depuis Sade et Mallarmé) ne signifie plus tracer la structure courbe d’un retour (retour d’Ulysse après le plus long exil dans l’Odyssée), ou de l’accomplissement d’une promesse première (forme



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prophétique du roman...

prophétique du roman), ou d’un renouement avec l’origine (Proust découvrant dans les dernières pages de la Recherche la possibilité de l’écrire). Les cercles du temps se sont, dans la pratique contemporaine de l’écriture, dénoués : écrire désormais délivre une distance (p. 263-267, 273-276, 280-281), ouvre sur un dehors (p. 521-526, 537-538).



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est que, dans l’écri...

est que, dans l’écriture, le sujet ne fait pas l’expérience d’un accomplissement ou d’une redécouverte du soi, mais d’un dessaisissement. Fracture sans appel du sujet en son unité constituante : éclatement du sujet chez Bataille dans l’extase anonyme des mots (p. 243), disparition du sujet chez Blanchot au profit d’une monotonie blanche (p. 521), déchirement du sujet chez Artaud derrière lequel se profile un simple corps multiple et hurlant (p. 522),



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’œuvre tire sa resso...

’œuvre tire sa ressource d’une absence d’œuvr



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par Les mots et les ...

par Les mots et les choses15 que



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ouvrage d’histoire d...

ouvrage d’histoire des sciences,



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C’est cette systémat...

C’est cette systématicité des règles de construction des objets, sujets et concepts que Foucault nomme « épistémè » (



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exploration systémat...

exploration systématique de trois domaines d’objets du savoir : le langage, le vivant et les richesses.



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détermination théori...

détermination théorique d’objets s’opère à la Renaissance dans l’ordre de la ressemblance, à l’âge classique dans l’ordre de la représentation, à l’époque moderne dans l’ordre de l’histoire.



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analyse du vivant te...

analyse du vivant telle qu’elle se développe au XVIIe siècle, ne prend pas comme point de référence les énoncés de la biologie moderne, à partir desquels il jugerait de la pertinence des énoncés classiques, mais se contente de comparer systématiquement les procédés de connaissance du vivant avec ceux de l’analyse des langues ou des richesses qui lui sont contemporains.



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contemporains. La qu...

contemporains. La question de la vérité scientifique des savoirs examinés ne se pose plus, mais celle des règles de construction de ces savoirs à une époque donnée, comme si ces derniers étaient soutenus, plutôt que par une volonté consciente de rationalisation, par un système anonyme de règles régissant



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Quand Foucault parle...

Quand Foucault parle de la mort de l’homme, il faut immédiatement préciser que c’est toujours en relation avec sa très récente apparition



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avant la fin du XVII...

avant la fin du XVIIIe siècle, l’homme n’existait pas », p. 319).



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Car c’est de l’homme...

Car c’est de l’homme comme figure, pli du savoir qu’il s’agi



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Cette absence de l’h...

Cette absence de l’homme dans le savoir classique, Foucault la pointe dans l’analyse du tableau de Vélasquez,



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Tout le tableau se r...

Tout le tableau se résume à un pur jeu de représentations, dans l’absence d’un sujet de représentation



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À la Renaissance, to...

À la Renaissance, tout être communique secrètement avec ses doubles selon un système déterminé de ressemblance17



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Ce double enveloppem...

Ce double enveloppement définit la nature du signe à l’âge classique : « Le signe enferme deux idées, l’une de la chose qui représente, l’autre de la chose représentée » (Logique de Port-Royal, cité p. 78).



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Quand s’efface la tr...

Quand s’efface la transparence du discours classique, l’homme fait son apparition (chap. « L’homme et ses doubles »). Un homme fini, en lequel s’articulent des processus organiques, des mécanismes de production, des systèmes de conjugaison. La finitude de l’homme s’annonce d’abord dans les positivités des savoirs de l’être vivant, parlant, travaillant.



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le champ de la pensé...

le champ de la pensée apparaîtra vite scindé entre les penseurs de la finitude constituante (du côté d’une philosophie du transcendantal) et les savants de la finitude constituée (du côté des savoirs positifs de l’homme vivant, travaillant, parlant), chacun tentant d’envelopper l’autre et de l’« éclairer 



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Par exemple, pour la...

Par exemple, pour la psychologie, il ne s’agit pas d’étudier l’anatomie des centres corticaux du langage, mais le fonctionnement du cerveau en tant qu’il libérerait, pour le sujet fini, des représentations du monde et des autres. De même, la sociologie n’étudie pas pour eux-mêmes les circuits d’échange, les mécanismes de distribution des richesses, mais « la manière dont les individus ou les groupes se représentent leurs partenaires dans l’échange » (p. 364). On comprend en quoi les sciences humaines constituent pour Foucault une entreprise profondément ambiguë et trouble.



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toutes les époques,...

toutes les époques, la façon dont les gens réfléchissent, écrivent, jugent, parlent (jusque dans la rue, les conversations et les écrits les plus quotidiens) et même la façon dont les gens éprouvent les choses, dont leur sensibilité réagit, toute leur conduite est commandée par une structure théorique, un système » (p. 515)



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enjeu des recherches...

enjeu des recherches n’est plus de retrouver le « savoir » (p. 498) qui sous-tend l’archive d’une époque, mais de formuler le « diagnostic » (p. 580-581) de ce qui secrètement nous agit.



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ne peut pas parler, ...

ne peut pas parler, pour rendre compte de son travail, d’un système, mais d’une pluralité de systèmes, ni d’une histoire « de l’esprit », mais d’une histoire des discours.



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est la première fois...

est la première fois que Foucault désigne son travail comme étude des « règles de formation » des discours, et définit résolument le discours comme « pratique ». Sa tâche ne s’épuise plus dans la recherche d’une expérience antérieure et fondamentale (Histoire de la folie) ou d’une disposition anonyme et première des savoirs (Les mots et les choses) :



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’attache plutôt à dé...

’attache plutôt à déterminer des règles de formation immanentes aux discours de savoir29 comme autant de pratiques réglées.



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savoir est-il déterm...

savoir est-il déterminé par des pratiques sociales, ou bien par l’organisation d’un impensé structural ?



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vérité qui, loin de ...

vérité qui, loin de se donner dans la continuité d’un rapport de forces, se penserait comme la tentative pacifiée d’adéquation à un contenu sensible.



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Il appartiendra à Ni...

Il appartiendra à Nietzsche34 de briser la prédominance de ce modèle philosophique de vérité neutre par l’énoncé de quatre principes : un principe d’extériorité (derrière le savoir se cache autre chose que le savoir : un jeu tyrannique d’instincts), un principe de fiction (la vérité n’est qu’un cas très particulier de l’erreur générale), un principe de dispersion (la vérité ne dépend pas de l’unité d’un sujet, mais d’une multiplicité de synthèses historiques), un principe d’événement (la vérité ne définit pas un ensemble de significations originaires mais constitue à chaque fois une invention singulière).



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En d’autres termes, ...

En d’autres termes, le système judiciaire archaïque ne se fonde pas sur la détermination de preuves de vérité, mais sur la mise en place d’une épreuve de vérité. La vérité doit éclater à l’occasion d’une épreuve de force.



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discours reposant su...

discours reposant sur le souvenir net d’un contenu visuel premier, discours lié à la pureté du sujet qui l’énonce. La vérité philosophique serait fille de ces pratiques judiciaires. Cette manière de poser des pratiques sociales comme matrices de méthodes de pensée caractérise pour un temps la recherche « généalogique » de Foucault.



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exercice de la justi...

exercice de la justice, dans la Grèce classique cette fois, va exiger bientôt (quand il s’agira d’établir une vérité en vue d’édicter une sentence), la présence de témoins qui ont vu.



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Le vieux droit germa...

Le vieux droit germanique qui s’impose du Xe au XIe siècle en Europe fait en effet dépendre le règlement du litige d’un rapport de forces (cf. l’ordalie). Il ne s’agit jamais d’arbitrage, mais de vengeance, de réparation belliqueuse d’un tort. Faire éclater la vérité dans l’épreuve judiciaire, c’est toujours faire éclater la force : la victoire est remportée par qui dispose d’un appui social plus important, par qui supporte le mieux la torture, etc. C’est un combat qui décide du juste et du vrai.



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Au XIIIe siècle appa...

Au XIIIe siècle apparaît une nouvelle forme de justice qui va faire dépendre la sentence de témoignages et d’une enquête39 préalables. Cette révolution du droit est mise en relation par Foucault avec la formation des premières grandes monarchies médiévales.



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monarchie (volonté é...

monarchie (volonté étatique d’une stabilité politique et d’une circulation réglée des richesses) ne supporte plus l’exercice d’une justice comme guerre reconduite entre deux parties. Le souverain a alors recours, pour établir de nouvelles règles judiciaires, à un vieux modèle de contrôle ecclésiastique : l’inquisition ou enquête administrative, que pratiquaient les dignitaires de l’Église dans leur visite des paroisses et des communautés.



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Dès lors, cette form...

Dès lors, cette forme majeure de savoir qui conduira (en opposition aux vieux dogmes de l’Université médiévale), des traités encyclopédiques de la Renaissance aux doctrines empiristes du XVIIe siècle, cette grande tradition de l’enquête sur fond de laquelle toutes les médecines, botaniques, zoologie, etc., se développeront, ces méthodes enfin qui se donneront comme l’affirmation souveraine d’une raison empirique, elles trouvent leur condition de naissance dans l’émergence d’un État souverain réactivant pour son profit les vieilles techniques d’Inquisition.



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Il existe, nous dit ...

Il existe, nous dit Foucault, quatre grands types de société punitive40 : les sociétés qui excluent (exil forcé du condamné chassé de sa terre d’origine), les sociétés qui organisent un rachat (la justice prend la forme d’une rétribution), les sociétés qui marquent (c’est sur le corps supplicié que prend effet la pénalité), et enfin les sociétés qui enferment (la prison).



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Foucault constate q...

Foucault constate qu’on punit moins aujourd’hui un acte qu’un individu.



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Or, selon Foucault, ...

Or, selon Foucault, l’exercice moderne de la justice ne se réduit plus à établir des responsabilités d’auteur. La justice ne demande plus seulement à l’accusé : « Avez-vous bien commis ce dont on vous accuse ? », mais : « Qui êtes-vous ? ». La justice ne peut plus se rendre (c’est surtout vrai pour les affaires criminelles) qu’armée de vérités psychologiques. D’où le rôle pris, dans le jugement, par les « circonstances atténuantes » (ou



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On ne condamne plus ...

On ne condamne plus un viol : on condamne un pervers. La justice criminelle, dès lors, ne punit plus qu’en se référant à des éléments de connaissance : elle n’est pas seulement un instance punitive, mais veut fonctionner à la vérité. L’arrêt de justice esquive son arbitraire en s’inscrivant dans une scientificité toujours plus sollicitée. La justice moderne ne punit plus enfin un acte, une infraction, mais une individualité psychologiques, une virtualité de comportements, des instincts et des anomalies, une dangerosité42 . On ne punit plus un crime, mais une âme criminelle.



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En même temps qu’on ...

En même temps qu’on constate dans la première moitié du XIXe siècle l’extension triomphale de ce mode punitif, on en dénonce les effets : on sait déjà que la prison endurcit et empêche toute réintégration de ceux qui en sortent43.



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talion. Ce qui compt...

talion. Ce qui compte à chaque fois, dans le calcul des peines, c’est l’exemplarité (il faut que l’application de la peine soit publique afin de décourager d’éventuelles vocations au crime), et le rétablissement du dommage social causé par l’infraction. La technique punitive se laisse comprendre comme jouant au niveau des représentations : elle est une technique des représentations visant à décourager, par un spectacle édifiant et mesuré des peines, des velléités criminelles.



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Pour rendre compte d...

Pour rendre compte de la prison, Foucault effectue comme un vaste détour : détour qui nous mènera à la formation durant l’âge classique des sociétés disciplinaires.



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La discipline pour F...

La discipline pour Foucault, c’est d’abord une technique politique des corps48. Soit une usine, une école ou une caserne,



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Toutes ces technique...

Toutes ces techniques fabriquent du corps docile et soumis, du corps utile. Elles fabriquent des petites individualités fonctionnelles et adaptées.



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Il s’agit d’extraire...

Il s’agit d’extraire du corps (par un système de sanctions équilibré par un système inverse de récompenses) une conduite normalisée



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Maintenant, c’est la...

Maintenant, c’est la forme de l’examen qui s’impose comme corollaire du pouvoir disciplinaire.



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Il ne s’agit plus de...

Il ne s’agit plus de dire, comme dans les années soixante, que les sciences humaines inscrivent leur possibilité dans une expérience fondamentale, ou une disposition épistémique première : c’est dans l’investissement technico-politique des comportements qu’elles trouvent cette fois leur condition d’existence.



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On connaît l’importa...

On connaît l’importance accordée par Foucault au panoptique de Bentham61



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’ancien pouvoir65 (p...

’ancien pouvoir65 (pouvoir de souveraineté) se présentait comme l’enchevêtrement d’instances d’autorité multiples et contradictoires, et qui ne dessinaient qu’un domaine d’exercice lacunaire. Par ailleurs, ces points d’autorité affirmaient leur pouvoir essentiellement à l’occasion de prélèvements de biens (de récoltes, de produits, etc.) effectués sous la menace armée, et qui provoquaient de nombreuses résistances, ou à l’occasion de rituels somptueux par lesquels ils affirmaient leur puissance. Ce vieux système impliquait un coût élevé du pouvoir : conflits perpétuels,



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Mais surtout le pouv...

Mais surtout le pouvoir disciplinaire s’intègre aux nouveaux mécanismes de production développés par le capitalisme66. Car, après tout, ce corps docile que la discipline fabrique, c’est le corps utile de l’ouvrier branché sur la machine de production



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La mise en place de ...

La mise en place de la prison comme technique de correction du comportement s’explique donc par Foucault depuis l’extension de procédures disciplinaires dans la société classique69



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La Révolution frança...

La Révolution française, ainsi que d’autres révolutions politiques du XIXe siècle ont démontré le danger pour les classes dirigeantes d’un nouvel illégalisme populaire : l’illégalisme politique des luttes sociales. Pour l’étouffer, le marginaliser, il fallait faire surgir un autre illégalisme dominant qui soit conforme aux intérêts économiques de la bourgeoisie. Cet illégalisme qui soit politiquement neutralisé70, et source de profits économiques, c’est la délinquance (fournissant un personnel disponible pour tous les circuits d’argent de la prostitution, des trafics d’armes, de la drogue, qui profitent à la bourgeoisie). La prison sert précisément à produire ce milieu de délinquance, à l’homogénéiser, à le contrôler (puisque ce sont les mêmes qui reviennent régulièrement entre ses murs). La fonction positive de la prison, c’est de fabriquer de la délinquance71.



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Pour Foucault73 le p...

Pour Foucault73 le pouvoir n’est pas une substance que se partagerait un nombre restreint de privilégiés au détriment des autres, il n’est pas l’apanage exclusif d’une classe sociale : le pouvoir au contraire circule dans toute l’épaisseur et l’étendue du tissu social (



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Pour Foucault, donc,...

Pour Foucault, donc, le pouvoir ne se possède pas75 : il s’exerce.



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montrer d’une part (...

montrer d’une part (contre le contractualisme) que le pouvoir ne se confond pas avec l’instauration d’un ordre pacifiant de la Loi, mais qu’il est une guerre perpétuelle ; d’autre part montrer (contre le marxisme) que le pouvoir ne réprime ni n’interdit : il incite et produit.



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guerre. On a compris que, pour lui, les relations de pouvoir devaient être réfléchies en termes de stratégies, de tactiques, de rapports de forces.



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Le sexe pour notre c...

Le sexe pour notre culture n’est pas quelque chose à faire, mais quelque chose à dire.



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Peut-être avons-nous...

Peut-être avons-nous inventé de nouvelles formes de plaisir : plaisir de la mise en verbe de notre sexe82



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D’autre part, on inv...

D’autre part, on invente des perversions relativement à une norme naturelle : l’homosexualité, l’infidélité chronique ne sont plus considérées sous le simple aspect de transgressions de codes établis, mais comme relevant d’une nature viciée.



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sexualité déviante n...

sexualité déviante ne relève plus du juge mais du médecin.



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mode de relation pro...

mode de relation propre du pouvoir ne serait donc pas à chercher du côté de la violence et de la lutte, ni du côté du contrat et du lien volontaire (qui ne peuvent en être tout au plus que des instruments) ; mais du côté de ce mode d’action singulier – ni guerrier ni juridique – qui est le gouvernement. Quand on définit l’exercice du pouvoir comme un mode d’action sur les actions des autres, quand on les caractérise par le “gouvernement” des hommes les uns par les autres – au sens le plus étendu de ce mot – on y inclut un élément important : celui de la liberté. 



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Foucault étudiera, e...

Foucault étudiera, entre 1978 et 197984, principalement deux grandes formes de gouvernementalité : la raison d’État et le libéralisme. Le



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Cette notion de rais...

Cette notion de raison d’État fut assez tôt perçue comme scandaleuse, en ce que le gouvernement ne cherchait plus son code de conduite dans des règles transcendantes (modèle du gouvernement de Dieu sur la cité céleste), mais dans l’immanence de sa pratique86. Le



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Le gouvernement par ...

Le gouvernement par la raison d’État consiste à se donner comme objectif unique la paix et l’intégrité de l’État. Il



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ne s’agit plus, comm...

ne s’agit plus, comme dans la logique impériale qui avait dominé tout au long du Moyen Âge, de s’employer à conquérir les terres annexes afin de reconstituer l’unité mythique de l’Empire romain.



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La raison d’État rec...

La raison d’État recouvre l’ensemble des pratiques (et la science de ces pratiques : importance de la « statistique » comme connaissance des forces et ressources de l’État) assurant la conservation de l’État pris comme finalité ultime du gouvernemen



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Foucault note cepend...

Foucault note cependant que le XVIIIe siècle met en place une nouvelle gouvernementalité. Il ne s’agit plus d’une affirmation illimitée de l’État comme finalité dernière. Il s’agit au contraire d’un gouvernement qui pose pour l’intervention de l’État un principe de limitation intrinsèque. Soit



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On pourrait dire aus...

On pourrait dire aussi que le gouvernement doit permettre que s’instaure enfin sur les marchés le prix vrai des choses. Surgit alors l’idée d’un gouvernement qui s’appuierait sur la vérité des choses à gouverner, d’un gouvernement qui ne gouverne plus en intensifiant l’État, mais en s’ajustant à la vérité du marché (c’est-à-dire en s’autolimitant toujours plus dans ses interventions autoritaires.



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C’est l’âge du libér...

C’est l’âge du libéralisme et de l’économie politique



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à partir de la défin...

à partir de la définition d’un homo economicus comme calcul d’intérêts, il s’agit de penser une gouvernementalité qui s’appuie sur la rationalité supposée des sujets.



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problème pour la jus...

problème pour la justice sera par exemple d’intervenir sur le marché du



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crime pour en réduir...

crime pour en réduire l’offre et la demande. À l’horizon de ces pratiques, remarque Foucault, se dessine une société non plus disciplinaire ni normalisatrice, mais d’action environnementale et d’optimisation des différences.



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est ainsi qu’il comm...

est ainsi qu’il commence par évoquer le pouvoir pastoral90. Il désigne par là une forme de gouvernement qui prend en charge le salut d’un peuple en mouvement, et qui tente de s’ajuster à l’individu.



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’obéissance chrétien...

’obéissance chrétienne au directeur devient par exemple une fin en soi, et doit être absolue et inconditionnée, quand elle ne constituait pour la sagesse antique qu’une étape vers la maîtrise de soi.



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agit de penser l’his...

agit de penser l’histoire qui mène du sujet maître de ses plaisirs de la Grèce classique au sujet moderne d’une sexualité médicalisée, en passant par le sujet hellénistique réinscrivant les plaisirs dans une éthique du souci de soi, et le sujet chrétien attentif aux mouvements discursifs de sa chair.



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Qui sommes-nous ? » ...

Qui sommes-nous ? » n’est pas équivalent à « Qu’est-ce que l’homme ? ». Le problème posé est plutôt celui d’un mode d’être toujours singulier et historique. C



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est la signification...

est la signification première du retour aux textes grecs : faire surgir une expérience de sexualité qui ne soit pas structurée par une herméneutique du désir, mais par une maîtrise des plaisirs.



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histoire foucaldienn...

histoire foucaldienne de la sexualité n’est ni une histoire des « comportements » (il ne s’agit pas de se demander : comment les gens ont pratiqué le sexe ?) ni une histoire des « représentations » (il ne s’agit pas de se demander : comment les gens ont pensé le sexe ?), mais une histoire des modalités



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Foucault n’étudiera ...

Foucault n’étudiera donc ni les archives pouvant rendre compte de ce que furent les pratiques sexuelles concrètes ni les théories philosophiques du plaisir, de l’âme et du corps. Comme il s’agit d’une histoire de la structuration éthique de l’existence, on comprend quel sera le matériau privilégié par Foucault : les petits traités d’existence, les essais de bonne conduite, les arts de vivre, toute cette littérature « mineure » dans laquelle le sujet se voit proposer des styles de vie et où s’élaborent des modalités d’expérience103.



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la glorification d’u...

la glorification d’une abstinence qui donnerait seule accès à la vérité : tous ces thèmes106 semblent traverser toute l’histoire de l’Occident et se répéter, des premiers écrits des médecins grecs jusqu’aux traités de vie dévote de saint François de Sales, en passant par les maîtres de vertu de la période hellénistique et les premiers chrétiens.



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On notera en passant...

On notera en passant que ces quatre grands thèmes d’austérité sexuelle recoupent en même temps quatre domaines qui serviront à Foucault de têtes de chapitre : problème du rapport au corps, du régime médical (la diététique), problème du rapport à l’épouse et de la vie matrimoniale (l’économique), problème du rapport aux garçons et de la pédagogie (l’érotique), problème enfin du rapport à la vérité. Mais, surtout, ces quatre grands thèmes d’austérité ne recoupent pas, au moins pour la culture antique, des interdits sociaux ou religieux.



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Par exemple, la fidé...

Par exemple, la fidélité sera recommandée, non pas parce qu’elle constituerait une obligation (ou parce que l’adultère serait un interdit), mais dans la mesure seulement où elle est le signe d’une belle vie, d’une existence correctement ordonnée.



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Ce n’est pas selon l...

Ce n’est pas selon le partage du permis ou du défendu que s’opère le choix de sexualité, mais selon les canons d’une esthétique de l’existence107



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Ce que Foucault étud...

Ce que Foucault étudie, c’est la mise en forme de l’expérience des plaisirs, la manière dont un sujet se constitue dans un rapport déterminé avec son sexe.



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on distinguera avec ...

on distinguera avec Foucault quatre angles d’étude110 : la substance éthique qui renvoie à cette part dans l’individu que sollicite l’expérience éthique ; le mode d’assujettissement qui caractérise le style d’obligation depuis lequel l’individu éthique se soumet à une règle de comportement ; le travail éthique qui constitue le niveau des techniques mises en œuvre pour la constitution du sujet moral ; enfin, la



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téléologie du sujet ...

téléologie du sujet moral qui désigne l’idéal posé à l’horizon des conduites éthiques. C’est aux niveaux de ces quatre modalités d’expérience que se précipitera l’historicité d’une éthique des plaisirs.



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expérience grecque p...

expérience grecque pose comme « substance éthique » les aphrodisia112. Les aphrodisia renvoient à des actes, et c’est la dynamique de ces actes d’amour qui est interrogée (la ligne de partage ne passe donc pas entre amours homosexuels et amours hétérosexuels, ou entre actes permis et actes défendus, mais entre activité mesurée et incontrôlée, ou même entre activité et passivité dans l’acte sexuel).



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Avec cette notion d...

Avec cette notion d’aphrodisia, on est loin du thème chrétien d’un désir comme marque indélébile de ma finitude et de ma culpabilité, comme puissance sourde et multiforme.



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Enfin, tout ce trava...

Enfin, tout ce travail de gouvernement de soi devait conduire dans l’expérience grecque à l’affirmation d’une liberté active qui seule permet l’accès au vrai.



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austérité sexuelle g...

austérité sexuelle grecque s’exprime sous la forme majeure d’une stylisation de l’existence et son sujet éthique se caractérise par une maîtrise exacte de ses plaisirs. L’austérité chrétienne se donnera à penser sous la forme d’un corpus réglant le permis et le défendu pour un sujet éthique voué au déchiffrement des latences de son désir.



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isomorphisme social ...

isomorphisme social ». C’est-à-dire que, dans la bonne relation sexuelle, l’activité doit toujours s’exercer dans le respect des hiérarchies sociales : il est intrinsèquement honorable pour un Grec adulte et libre de pénétrer un esclave ou sa femme. Il fait alors un juste usage de sa supériorité active. En revanche, il serait par exemple déshonorant pour lui d’être pénétré par un esclave, non parce que l’homosexualité comme telle serait répréhensible, mais parce que le principe d’isomorphisme ne serait pas respecté.



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Or on assiste pour F...

Or on assiste pour Foucault, tout au long de la période hellénistique, à une « conjugalisation » des rapports sexuels119 : affirmation progressive que l’acte sexuel n’est légitime que dans le cadre du couple marié. La fidélité, autrefois recommandée au mari et imposée à la femme, est pensée maintenant comme obligation réciproque. Dans le cadre de cette relation, l’austérité sexuelle est de mise : la sexualité devra se donner comme fin unique la procréation et ne jamais s’aligner sur une logique des plaisirs.



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expérience sexuelle ...

expérience sexuelle ne se problématise plus autour d’un usage des plaisirs dont la mesure constitue comme la perfection de l’activité, mais d’un souci de soi121 (et bientôt, avec le christianisme, d’une herméneutique du sujet).



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Le premier repère es...

Le premier repère est constitué par l’Alcibiade125 de Platon. Dans ce dialogue, Socrate aborde Alcibiade pour lui annoncer qu’il est temps, maintenant qu’il est adulte et prétend à des fonctions politiques, qu’il se soucie enfin de lui-même. Le



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On distingue ordinai...

On distingue ordinairement deux grands types de conversion : d’un côté, la conversion platonicienne, qui est éveil de l’âme à ses conditions d’origine, retour vers la source première, et qui, depuis l’opposition d’un monde sensible et d’un monde intelligible, s’opère par la connaissance ; de l’autre côté, la conversion chrétienne, qui désigne, dans le renoncement à soi, une rupture totale, une mutation soudaine, une deuxième naissance de l’âme.



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apprentissage d’une ...

apprentissage d’une série de connaissances (la physiologie pour les épicuriens, la connaissance par les causes des Questions naturelles de Sénèque, etc.). Ces connaissances nécessaires au souci de soi sont des connaissances éthopoïétiques : il s’agit d’un savoir qui trouve son prolongement immédiat dans une attitude éthique.



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Un texte de Polybe a...

Un texte de Polybe analysé par Foucault tente de conceptualiser une parrhèsia politique liée cette fois à la démocratie athénienne130. On peut définir la démocratie comme gouvernement du peuple par le peuple, et la décrire comme État de liberté, de droit, d’égalité devant la loi. La démocratie athénienne trouve son fondement dans deux principes : L’isègoria et la parrhèsia. L’isègoria, c’est la liberté de parole, elle renvoie à la possibilité, pour tout citoyen libre d’Athènes, qu’il soit artisan, guerrier ou paysan, de se lever à l’assemblée pour donner son opinion. La parrhèsia renvoie



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quant à elle à un au...

quant à elle à un autre usage de la parole, tout aussi fondamental en démocratie : prise de parole courageuse par un homme remarquable, qui tient au peuple un discours vrai et sans complaisance. Prise de parole par laquelle l’énonciateur marque sa supériorité et sa capacité à exercer sur les autres un ascendant, tant que cette parole se trouve réglée sur la vérité. Les



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Dans les Lois (livre...

Dans les Lois (livre III), Platon cite le règne de Cyrus (royaume des Perses) : le souverain s’assure de son entourage en lui concédant l’entière liberté de parole (parrhèsia) qui apparaît alors comme garantie de bon fonctionnement d’un Empire autocratique, comme principe de cohésion. La parrhèsia est devenue une action proprement philosophique à exercer sur les âmes, dans un contexte autocratique.



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Cette attitude cyniq...

Cette attitude cynique de pli systématique de l’existence sur la vérité se retrouvera selon Foucault aussi bien dans l’ascétisme chrétien que dans le militantisme politique ou l’exigence artistique (la matrice actuelle du cynisme serait sans doute l’art contemporain).



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On peut rappeler en ...

On peut rappeler en quelques slogans ce que Foucault entendait par la tâche moderne de philosopher : dénoncer les relations de pouvoir occultées, provoquer des résistances, permettre aux voix trop souvent étouffées de s’exprimer, produire des savoirs vrais qui puissent s’opposer aux gouvernementalités dominantes, permettre l’invention de nouvelles subjectivités, défier nos libertés et nos possibilités d’action, faire surgir l’historicité de nos systèmes de savoir, de pouvoir et de subjectivation, montrer que rien ne nous est fatalité, en définitive changer nos vies. Cette



créé avec Bookari Free le 28/12/2017 11:52 AM

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