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discipline qui s’int...
discipline qui s’intéressait aux méthodes et aux règles de l’interprétation correcte
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Par le biais de pens...
Par le biais de penseurs comme Dilthey et Heidegger, l’herméneutique est devenue au xxe siècle le nom d’une philosophie générale de l’interprétation qui considère l’être humain comme un être de finitude qui a besoin d’interprétation, qui en est capable et qui vit depuis toujours au sein d’un monde d’interprétations
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plus on tient compte...
plus on tient compte de la diversité des perspectives sur une question, même et surtout celles qui semblent s’opposer, mieux on comprend. Sa pensée se tient donc salutairement à l’abri de tous les dogmatismes et de tous les clivages.
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philosophie des poss...
philosophie des possibilités de l’humain : enracinée dans la tradition réflexive française, le personnalisme et l’existentialisme,
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pensée de Ricœur est...
pensée de Ricœur estime que cet inachèvement se trouve à la racine de toutes les possibilités et de toutes les initiatives humaines.
p.6 - 06/11/2017 12:14 AM
aucune ne peut être ...
aucune ne peut être qualifiée d’inauthentique au motif qu’elle détournerait l’homme de son achèvement véritable. C’est pourquoi sa pensée en est une du dialogue, de l’espoir, de la confrontation des idées et de l’ouverture à l’inédit de l’initiative humaine. Cette philosophie de l’écoute,
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La pensée réflexive ...
La pensée réflexive cherchait à résister à la vision purement matérialiste ou sensualiste (on dirait aujourd’hui naturaliste) de l’homme prévalant chez certains philosophes français des Lumières comme Condillac, qui voulaient réduire l’homme à ses nerfs et ligaments que l’anatomie était en train de découvrir.
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Ce qui séduit Ricœur...
Ce qui séduit Ricœur dans la phénoménologie de Husserl ce sont plutôt deux choses : 1/ l’attention stricte du philosophe aux choses elles-mêmes et aux vécus de la conscience, qu’il s’agit d’abord de décrire de manière non réductrice, suivant leurs «
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idéaux-types », donc...
idéaux-types », donc de manière « eidétique » [2] ; mais aussi 2/ la théorie de l’intentionnalité qui nous apprend que l’ego, loin d’être centré sur soi, est toujours conscience de quelque chose, visée de sens.
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phénomène du mal et ...
phénomène du mal et de la volonté mauvaise en se mettant à l’écoute des symboles, religieux et mythiques, qui ont mis en figure cette expérience de la faillibilité humaine.
p.21 - 06/11/2017 10:10 PM
idée centrale de Ric...
idée centrale de Ricœur, qui marque si l’on veut sa rupture avec la philosophie réflexive classique et la phénoménologie au sens strict et husserlien, est que l’ego ne peut se comprendre lui-même par
p.21 - 06/11/2017 10:10 PM
introspection, le re...
introspection, le retour réflexif sur soi : il doit emprunter la voie longue de l’interprétation des symboles s’il veut se connaître lui-même et plus particulièrement rendre compte de l’expérience du mal
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Ricœur a toujours es...
Ricœur a toujours estimé que la philosophie, et la phénoménologie, s’était trop focalisée sur le rapport purement théorique, cognitif et perceptif de l’homme au monde, comme cela tombait sous le sens dans les textes alors connus de Husserl et Merleau-Ponty, négligeant toute la nébuleuse – moins aisément saisissable car résistant à l’objectivation – des possibilités humaines qui relève de l’effort, de l’émotion et de la passion,
p.25 - 06/11/2017 10:44 PM
Ricœur a de toute év...
Ricœur a de toute évidence été séduit par l’approche husserlienne qui vise à décrire l’essence invariante des phénomènes avant et afin de penser adéquatement leur réalité empirique.
p.26 - 06/11/2017 10:48 PM
volonté humaine n’es...
volonté humaine n’est pas souveraine : elle doit composer avec l’involontaire qui l’habite et qui se manifeste aussi bien dans la corporéité, dans nos besoins (au sens le plus large possible, qui comprend le besoin de lumière, de musique ou d’amitié), notre expérience de la douleur que dans le fait que la volonté se montre souvent hésitante. Il n’est donc pas de volonté sans une part de « nolonté » (
p.26 - 06/11/2017 11:52 PM
La volonté se trouve...
La volonté se trouve portée par une couche d’involontaire dans la mesure où elle s’inscrit dans une trame de désirs et de situations qui la sollicitent, mais aussi dans des « savoir-faire préformés », des habitudes (grand thème de la philosophie réflexive et de Ravaisson plus particulièrement) et des « attitudes émotionnelles fondamentales » qui en commandent le cours, parmi lesquelles notre auteur signale la surprise, l’anticipation affective, la joie et la tristesse, alors que Heidegger et Sartre insistaient plus volontiers sur l’angoisse.
p.27 - 06/11/2017 11:55 PM
Ce qui doit être res...
Ce qui doit être restauré, c’est quelque chose comme une confiance en la vie et ses possibilités, qui ne se laisse pas paralyser par des réflexions trop insistantes, mais abstraites selon lui, sur notre angoissante mortalité.
p.28 - 06/11/2017 11:56 PM
Le Volontaire et l’I...
Le Volontaire et l’Involontaire s’édifie autour de trois grands verbes, qui dictent le titre de ses trois parties : Décider (Le choix et les motifs), Agir (La motion volontaire et les pouvoirs), Consentir (Le consentement et la nécessité).
p.29 - 06/11/2017 11:58 PM
En raison de sa pers...
En raison de sa perspective objectivante face au vouloir et à l’agir, une telle physique n’accède jamais au sens de la vie que nous ne pouvons ressentir que de l’intérieur.
p.29 - 07/11/2017 6:12 PM
intuition centrale d...
intuition centrale de Ricœur est plutôt que l’existence est à la fois « subie et conduite ».
p.29 - 07/11/2017 6:13 PM
la volonté « décide ...
la volonté « décide » et tranche, mais ses choix lui sont pour une large part imposés par le corps, qui souffre et fait sentir des besoins, comme par sa culture et son éducation.
p.30 - 07/11/2017 6:18 PM
Notre volonté doit ...
Notre volonté doit s’incarner dans le monde si elle veut être réelle et s’éprouver elle-même
p.31 - 07/11/2017 6:20 PM
la réciprocité de l’...
la réciprocité de l’involontaire et du volontaire, la nécessité de dépasser le dualisme psychologique et de chercher dans la subjectivité la commune mesure de l’involontaire et du volontaire, enfin la primauté de la conciliation sur le paradox
p.34 - 08/11/2017 8:53 AM
L’Homme faillible, r...
L’Homme faillible, restera d’ailleurs étonnamment « eidétique », au sens où l’empirique de la volonté qui la déploiera ne se consacrera pas vraiment à des analyses expérimentales ou historiques, mais s’en tiendra au plan de
p.34 - 08/11/2017 8:54 AM
analyse conceptuelle...
analyse conceptuelle. Son souci sera d’expliquer comment la volonté peut en venir à être capable de faillir.
p.35 - 08/11/2017 8:55 AM
lui la faute apparaî...
lui la faute apparaît comme « l’irruption de l’irrationnel », « l’absurde », « l’opacité centrale » de notre nature. Il l’apparente à une sorte d’esclavage (ou de « serf-arbitre ») que la liberté s’inflige à elle-même quand elle se laisse séduire par un rêve, vain, d’autoposition : « c’est moi qui me rends esclave
p.36 - 08/11/2017 8:57 AM
l’énigme du mal, Fin...
l’énigme du mal, Finitude et Culpabilité apporte deux réponses : son second livre, La Symbolique du mal, propose une « mythique concrète » s’intéressant aux mythes et aux symboles par lesquels l’humanité a exprimé son expérience du mal et qu’une herméneutique aura à transposer en philosophie et dans la connaissance que l’homme a de lui-même ;
p.36 - 08/11/2017 8:58 AM
Si le couple du volo...
Si le couple du volontaire et de l’involontaire commandait le premier tome de 1950, c’est la dialectique du fini et de l’infini qui aiguille L’Homme faillible.
p.37 - 09/11/2017 8:41 AM
C’est en visant le s...
C’est en visant le sens par-delà tout point de vue que l’homme a part à la vérité et à l’infini.
p.37 - 09/11/2017 8:45 AM
: le plaisir incarne...
: le plaisir incarne, littéralement, le moment de contentement qui satisfait nos sens, mais qui n’épuise pas tout notre espoir de bonheur. Le bonheur est en effet animé – Ricœur suit ici Kant – d’une visée de totalité : le bonheur que je recherche ne se réduit pas au plaisir, aussi limité que l’est la perspective, il est l’espoir d’une « totalité de sens », qui n’est pas un « terme fini », mais « l’horizon à tous égards » (p. 82).
p.38 - 09/11/2017 8:47 AM
la tension entre les...
la tension entre les appels du fini et de l’infini (perspective/sens, plaisir/bonheur) en aura préparé la possibilité
p.39 - 09/11/2017 8:50 AM
récits mythiques un ...
récits mythiques un véritable révélateur des possibilités humaines, donc autre chose qu’un passé révolu de notre humanité.
p.39 - 09/11/2017 8:51 AM
Ricœur oppose la voi...
Ricœur oppose la voie longue d’une herméneutique des symboles, qu’il privilégiera, à la voie courte d’une psychologie (p. 400, 405), qui voudrait comprendre le mal de manière directe, voie courte dont L’Homme faillible
p.45 - 09/11/2017 5:38 PM
Dilthey, qui avait d...
Dilthey, qui avait dit de l’herméneutique qu’elle était « l’art d’interprétation des manifestations vitales fixées par écrit » [3].
p.47 - 09/11/2017 5:43 PM
troisième voie, qui ...
troisième voie, qui sera celle de l’herméneutique : « entre ces deux impasses, nous allons explorer une troisième voie : celle d’une interprétation créatrice de sens, à la fois fidèle à l’impulsion, à la donation de sens du symbole, et fidèle au serment du philosophe qui est de comprendre
p.47 - 09/11/2017 5:43 PM
Kant qu’il élève au ...
Kant qu’il élève au rang de principe méthodique : « le symbole donne à penser »
p.48 - 09/11/2017 5:45 PM
Ce n’est donc pas s...
Ce n’est donc pas seulement une « dédivinisation » à la Weber, mais bien une « déshumanisation » qu’incrimine Ricœur, consistant dans une perte de l’homme et de son lien essentiel au sacré
p.49 - 10/11/2017 8:57 AM
Certes, la modernité...
Certes, la modernité se distingue par sa grandiose maîtrise technique de la nature, mais elle se paierait d’un oubli et d’un appauvrissement du langage, réduit à son univocité technique
p.52 - 10/11/2017 9:02 AM
’idée principale que...
’idée principale que Ricœur en retient est que jamais « l’interprète ne s’approchera de ce que dit son texte s’il ne vit dans l’aura du sens interrogé ». C’est que la compréhension est toujours « dirigée par une précompréhension de la chose au sujet de laquelle elle interroge le texte
p.52 - 10/11/2017 9:04 AM
il faut comprendre p...
il faut comprendre pour croire, mais il faut croire pour comprendre” »
p.54 - 10/11/2017 9:10 AM
’herméneutique philo...
’herméneutique philosophique » est ainsi le projet d’une « philosophie à partir des symboles qui tâche de promouvoir, de former le sens, par une interprétation créatrice » (
p.59 - 12/11/2017 11:40 PM
qu’il reconnaît de p...
qu’il reconnaît de plus en plus dans le langage, dans la foulée du linguistic turn de l’époque, le lieu où se manifestent toutes les expressions de sens et se nouent les questions de la philosophie : « nous sommes aujourd’hui à la recherche d’une grande philosophie du langage qui rendrait compte des multiples fonctions du signifier humain et de leurs relations mutuelles
p.59 - 12/11/2017 11:41 PM
la psychanalyse y dé...
la psychanalyse y détecte avant tout un symptôme de l’inconscient pulsionnel. Cela est légitime, reconnaît Ricœur, mais le rêve ne laisse pas seulement apparaître une couche inconsciente, il exprime nos désirs et nos tensions.
p.61 - 12/11/2017 11:44 PM
Comment faut-il alor...
Comment faut-il alors interpréter les expressions à double sens, celles du langage comme celles du rêve ou du discours poétique ? C’est à l’herméneutique qu’il revient de nous le dire : « nous entendrons toujours par herméneutique la théorie des règles qui président à une exégèse, c’est-à-dire à l’interprétation d’un texte singulier ou d’un ensemble de signes susceptible d’être considéré comme un texte
p.62 - 12/11/2017 11:46 PM
Ricœur part « de l’o...
Ricœur part « de l’opposition la plus extrême » : « d’un côté, l’herméneutique est conçue comme la manifestation et la restauration d’un sens qui m’est adressé à la façon d’un message, d’une proclamation, ou, comme on dit quelquefois, d’un kérygme ; de l’autre, elle est conçue comme une démystification, comme réduction d’illusions »
p.62 - 12/11/2017 11:47 PM
Ricœur de montrer qu...
Ricœur de montrer que la psychanalyse ne critique, en vérité, les illusions de la conscience que pour éclairer et guérir cette même conscience.
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Ricœur se rend compt...
Ricœur se rend compte que l’on ne peut, au nom d’une herméneutique de la récollection du sens à partir des symboles, opposer une fin de non-recevoir à ce qu’il appellera de plus en plus les herméneutiques du soupçon, celle
p.63 - 12/11/2017 11:51 PM
Marx a voulu recondu...
Marx a voulu reconduire tout phénomène de conscience à une conscience de classe et que Nietzsche a démasqué en tout vouloir une volonté de pouvoir.
p.63 - 12/11/2017 11:51 PM
Cette interprétation...
Cette interprétation archéologique, iconoclaste, méfiante de la conscience, Ricœur l’associe à une herméneutique du soupçon.
p.65 - 12/11/2017 11:53 PM
Selon Ricœur, Freud ...
Selon Ricœur, Freud s’inscrit dans la lignée de ces nombreux penseurs pour qui l’homme est désir avant d’être parole. Mais le désir humain est désir de quelque chose, il a une visée. Le paralogisme de Freud est de réduire cette tension ou cette téléologie de la conscience à une simple énergétique pulsionnelle. Il ne reconnaît pas assez que l’ego aspire à une interprétation de soi.
p.66 - 13/11/2017 8:49 AM
À la question : à qu...
À la question : à quelle condition un sujet connaissant peut-il comprendre un texte, ou l’histoire ? on [Heidegger] substitue la question : qu’est-ce qu’un être dont l’être consiste à comprendre ? » (CI, p. 10.)
p.68 - 13/11/2017 8:52 AM
la linguistique de F...
la linguistique de Ferdinand de Saussure et sa distinction de la langue et de la parole. Alors que la parole renvoie à l’action des sujets parlants, la langue est étudiée par le linguiste comme un pur système de signes qui ne renvoient pas à un au-delà du langage, mais à d’autres signes.
p.68 - 13/11/2017 8:54 AM
Ricœur n’en est pas ...
Ricœur n’en est pas moins convaincu que les considérations structurales sont « aujourd’hui l’étape nécessaire de toute intelligence herméneutique » (p. 57). Pourquoi ? Essentiellement, parce qu’elles font à bon droit valoir que toute expression de sens s’inscrit dans un réseau de signifiants déjà existants et qui la rend possible.
p.68 - 13/11/2017 8:58 AM
: alors que l’explic...
: alors que l’explication structurale traite d’un système inconscient, constitué par des différences et indépendant de l’observateur,
p.68 - 13/11/2017 8:58 AM
interprétation hermé...
interprétation herméneutique du sens s’accomplit dans la reprise consciente d’un fonds symbolique par un interprète qui se place dans le même champ sémantique que ce qu’il comprend et ainsi entre dans le « cercle herméneutique » (p. 58). En constituant le langage comme une entité autonome de dépendances internes, la linguistique structurale réussit à s’établir comme science, mais n’y parvient qu’au prix d’exclusions. Se trouve exclue « l’intention première du langage, qui est de dire quelque chose sur quelque chose ». «
p.69 - 13/11/2017 9:02 AM
Ce parcours obéit à ...
Ce parcours obéit à une évolution bien précise : « La progression d’une discipline à l’autre suit celle des entités linguistiques correspondantes : le mot, la phrase, puis le discours » (
p.70 - 13/11/2017 1:13 PM
La métaphore sera do...
La métaphore sera donc pour Ricœur « le processus rhétorique par lequel le discours libère le pouvoir que certaines fictions comportent de redécrire la réalité »
p.70 - 13/11/2017 1:14 PM
La rhétorique d’Aris...
La rhétorique d’Aristote fut la première à traiter de la métaphore, mais l’associait encore à la sphère du mot. La sémantique plus récente nous aurait appris que le lieu de la métaphore et du sens en général était plutôt celui de la phrase. Seule l’herméneutique nous permettrait cependant de considérer la manière dont la métaphore, comme discours, découvre une réalité inédite puisque c’est à l’interprétation qu’il incombe de déployer ces possibilités.
p.72 - 13/11/2017 5:45 PM
Ricœur verra dans l’...
Ricœur verra dans l’expliquer et le comprendre deux moments complémentaires de l’arc herméneutique.
p.72 - 13/11/2017 5:46 PM
de l’interprétation ...
de l’interprétation était de comprendre la « chose » dont parle le texte et non l’auteur lui-même. Les structuralistes avaient pour leur part proclamé la « mort de l’auteur ». Ricœur en retient l’idée que le premier moment d’une interprétation rigoureuse doit être celui d’une explication du texte à partir de sa structure interne. Expliquer plus, dira-t-il souvent, c’est comprendre mieux
p.72 - 14/11/2017 8:42 AM
’est comprendre mieu...
’est comprendre mieux [6].
Renoncer à pénétrer l’âme d’un auteur ne veut cependant pas dire que l’interprétation doive se contenter de mettre en évidence la structure d’un texte. Nul ne se contente d’une lecture qui réduirait les textes à une simple combinatoire de signes. Le sens, libéré de l’intention de son auteur, est un sens que nous pouvons faire nôtre par la lecture.
p.73 - 14/11/2017 8:42 AM
idée forte de Ricœur...
idée forte de Ricœur selon laquelle le sujet ne se comprend lui-même, et le sens de son existence, que par le détour des œuvres de culture. Mais cette compréhension des œuvres prend de plus en plus la forme d’une appropriation par le lecteur qui accomplit une « fusion de l’interprétation du texte à l’interprétation de soi-même »
p.75 - 14/11/2017 8:47 AM
Ses premiers traités...
Ses premiers traités s’étaient vivement intéressés aux mythes, aux symboles et aux œuvres à travers lesquels s’écrie et s’écrit l’effort humain d’exister [2], qui est celui d’un être temporel et fini, mais dont les aspirations ne se bornent peut-être pas au fini.
p.75 - 14/11/2017 8:48 AM
Le génie de Temps et...
Le génie de Temps et Récit est de penser ensemble ces deux foyers de son œuvre que sont l’expérience viscérale, tragique, de notre temporalité et la réplique de l’activité narrative, qui reconnaît un sens à notre épopée dans le temps. Par là, Ricœur s’oppose indirectement, mais courageusement, aux tentatives structuralistes visant à « déchronologiser » le récit, afin de n’en retenir que les propriétés invariantes
p.75 - 14/11/2017 8:49 AM
Comment dire le temp...
Comment dire le temps ? Les apories du temps sont notoires. Déjà Plotin et Augustin soupiraient : quand personne ne me demande ce qu’est le temps, je sais ce que c’est, mais quand on le fait, je ne le sais plus. Que pourrait-on d’ailleurs saisir dans le temps ? Augustin l’a aussi bien vu : le passé est un présent qui n’est plus, le futur un présent qui n’est pas encore ; quant au présent, rien n’est plus fugitif et rebelle à l’appréhension (comme le signale Ricœur, Augustin, pas plus que les Anciens n’avaient même de mot pour les unités plus petites que l’heure, TR 1, p. 24).
p.76 - 14/11/2017 8:49 AM
De ces apories Ricœu...
De ces apories Ricœur conclut qu’une phénoménologie pure du temps n’est pas possible.
p.76 - 14/11/2017 8:50 AM
servant à marquer le...
servant à marquer les années, les mois et les jours (Ricœur parle ici du temps cosmologique d’Aristote et de la physique), l’autre qui le situe plutôt dans l’expérience subjective de notre conscience (le temps de l’âme d’Augustin, Husserl et Heidegger).
p.76 - 14/11/2017 8:50 AM
solution de Ricœur c...
solution de Ricœur consistera à dire, comme Kant l’avait entrevu, que le temps est en lui-même invisible et insaisissable, mais qu’il se donne à lire dans les récits, les histoires et les mythes que nous racontons.
p.76 - 14/11/2017 8:51 AM
. Nous lisons des hi...
. Nous lisons des histoires, qu’il s’agisse de récits fictifs ou historiques, parce qu’elles confèrent un sens à l’intrigue de nos vies.
p.76 - 14/11/2017 8:51 AM
est la thèse du narr...
est la thèse du narrativisme total, auquel on pourrait donner un tour quasi nietzschéen : il n’y a pas de faits, seulement des récits sur les faits. Ric
p.77 - 14/11/2017 8:52 AM
Ricœur s’empare de c...
Ricœur s’empare de cette idée forte de mimèsis, où il ne voit pas une imitation servile qui serait un simple décalque, mais une réinvention créatrice qui configure une intrigue dans laquelle le spectateur peut se reconnaître.
p.77 - 14/11/2017 8:54 AM
habiter. Ricœur s’in...
habiter. Ricœur s’inspire ici à la fois de la conception de Gadamer qui identifie la compréhension à une forme d’application (du sens compris à sa propre existence) et des esthétiques de la réception (Jauss, Iser) qui voient dans la lecture l’accomplissement du sens de l’œuvre.
p.78 - 14/11/2017 8:55 AM
Partout, les hommes ...
Partout, les hommes content des histoires, nourries de leur propre expérience narrative du temps, et reconfigurent leur existence en conséquence. Pourquoi le font-ils ? Une version désabusée dira que les hommes ont besoin d’être consolés face à la mort (p. 111). Nous nous racontons des histoires, nous contons le temps parce qu’il est compté. Ricœur ne conteste pas ce lien dramatique, mais estime qu’il n’est pas le seul (le 3e tome de Temps et Récit reprend à cet égard le combat contre la focalisation trop extrême de l’analyse heideggérienne de la temporalité sur notre être-pour-la-mort). C’est que notre vie est une histoire qui non seulement a besoin, mais qui mérite d’être racontée
p.78 - 14/11/2017 8:56 AM
Une herméneutique de...
Une herméneutique de la conscience historique doit en tenir compte.
p.78 - 14/11/2017 5:36 PM
Cette herméneutique ...
Cette herméneutique part de l’idée que la compréhension que nous avons de nous-mêmes provient des récits qui nous constituent et que nous nous sommes appropriés.
p.78 - 14/11/2017 5:36 PM
répondre à la questi...
répondre à la question « qui ? » c’est raconter l’histoire d’une vie (TR 3, p. 355). Deux types de récit la composent : les récits historiques et de fiction. Ricœur est soucieux de relever leurs intersections (dans les deux cas, une cohérence se trouve introduite dans de l’hétérogène, de la concordance dans le discordant), de marquer leurs différences – le récit historique renvoie à un passé réel alors que la fiction configure un monde que je peux habiter – et de souligner leur prétention de vérité : les deux me découvrent l’histoire à laquelle j’appartiens comme celle que je peux faire.
p.79 - 14/11/2017 10:02 PM
Le passé se présente...
Le passé se présente sous le signe des traditions qui nous portent, signifiant notre être-affecté-par-le passé, déjà sensible dans le langage qui nous a précédés (p. 321). Le futur se profile sous l’égide d’un horizon déterminé d’attente et d’espoirs, lui-même ouvert par un passé. Quant au présent, lourd d’un passé qui l’affecte et d’un horizon d’attente qui le guide, il est l’intempestif qui découvre le champ de notre initiative possible
p.79 - 14/11/2017 10:04 PM
présent où nous souf...
présent où nous souffrons et agissons est intempestif parce que c’est l’instant où nous pouvons entreprendre quelque chose d’inédit, voire changer le cours des choses. Le « je suis », porté par les récits qui narrent son épreuve du temps, devient un « je peux »
p.80 - 14/11/2017 10:08 PM
l’herméneutique de R...
l’herméneutique de Ricœur en martelant que nous ne pouvions nous connaître que par le détour de l’interprétation.
p.80 - 14/11/2017 10:10 PM
Cette approche présu...
Cette approche présuppose que l’identité se réduit à un substrat physique identique, idem, à travers les âges et situations de la vie.
p.81 - 14/11/2017 10:12 PM
Pour Ricœur, dans l’...
Pour Ricœur, dans l’identité ipse, ce n’est pas la mêmeté numérique ou qualitative de la personne qui est interpellée, mais sa constance par-delà tous les changements physiques qu’elle pourrait subir.
p.82 - 14/11/2017 10:15 PM
Ricœur réserve le te...
Ricœur réserve le terme d’éthique à la visée d’une vie accomplie et celui de morale à l’articulation de cette quête dans des normes qui sont universelles et contraignantes. La
p.82 - 14/11/2017 10:15 PM
La première perspect...
La première perspective, d’origine aristotélicienne, peut être dite téléologique (parce que orientée sur des fins), la seconde, plus kantienne, est déontologique (axée sur un devoir agir dicté par des lois). Une dialectique toute ricœurienne s’instaure entre les deux. Jugeant que la visée téléologique du bien-vivre est plus englobante, Ricœur plaide pour une primauté de l’éthique sur la morale : les normes universelles de la morale n’ont de sens que dans le cadre d’une visée éthique. Autrement dit, Kant fait partie d’Aristote, mais Aristote implique Kant.
p.82 - 14/11/2017 10:20 PM
Ricœur mettra plus v...
Ricœur mettra plus volontiers l’accent sur la dynamique de réciprocité avec l’autre : j’ai aussi besoin de lui, et c’est en lui donnant que je reçois souvent le plus.
p.82 - 14/11/2017 10:22 PM
que la nécessité pou...
que la nécessité pour l’éthique de prendre les traits de la morale tient à l’expérience du mal. L’obligation morale peut donc s’exprimer dans les termes de Ricœur et de Kant dans l’impératif : « agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps que ne soit pas ce qui ne devrait pas être, à savoir le mal » (p. 254). « À toutes les figures du mal répond le non de la morale » (p. 258). Ce refus de l’indignité infligée, et d’abord à autrui, procède selon Ricœur d’une affirmation originaire de la sagesse pratique, celle de la sollicitude comprise comme échange mutuel des estimes de soi
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est dans l’homme que...
est dans l’homme que le conatus, ou la puissance d’être de toutes choses, est le plus clairement lisible, et, d’autre part, que toute chose exprime à des degrés
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: la mémoire juste e...
: la mémoire juste est celle qui se souvient du malheur, en honorant les victimes, alors que la mémoire heureuse ressortit à une forme d’oubli, d’insouciance ou d’insouci (p. 655) où l’on peut pressentir, une dernière fois, un lointain écho à son idéal d’une seconde naïveté dans le désir de vivre.
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Ricœur se dit emball...
Ricœur se dit emballé par cette idée forte de « représentation » dans l’écriture de l’histoire : l’historien veut présenter une nouvelle fois la vie des hommes du passé telle qu’elle fut (p. 228), mais ce faisant il la tire de l’oubli et lui octroie une nouvelle présence (ou « représentance ») dans notre monde.
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Notre mort, dont nou...
Notre mort, dont nous ignorons presque toujours l’heure, n’est pas la seule ni même peut-être notre principal souci. Spinoza a raison : le sage ne pense pas à la mort, il pense et œuvre à la vie bonne avec et pour les autres. Cette œuvre ne connaît pas d’achèvement.
créé avec Bookari Free le 28/12/2017 11:55 AM
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